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Des travaux de recherche financés par la Fondation nationale des
sciences des États-Unis montrent que des changements climatiques
auraient rapidement perturbé les phénomènes océaniques et qu'ils
auraient eu des effets dramatiques sur l'environnement à travers
le monde.
Des chercheurs de l'Institut océanographique Scripps en Californie
sont d'avis que les phénomènes qui se sont produits il y a des millions
d'année sur une période de milliers d'années sont semblables aux
changements actuels que le réchauffement de la planète entraîne
dans les courants océaniques et qu'ils peuvent permettre d'illustrer
les effets durables éventuels du réchauffement actuel de notre planète.
Selon le communiqué de presse que cet institut a diffusé le 4 janvier,
les chercheurs Flavia Nunes et Richard Norris ont indiqué qu'ils
avaient étudié une période remontant à 55 millions d'années pendant
laquelle un réchauffement de 4 à 7 degrés avait eu lieu.
Les données qu'ils ont rassemblées en se fondant sur l'étude de
la composition chimique d'anciens organismes marins de taille minuscule,
des protozoaires dénommés foraminifères, montrent qu'une inversion
immense des courants océaniques a eu lieu à cette époque à travers
le monde.
Les chercheurs estiment que cette inversion a été déclenchée par
le réchauffement de la planète et ils ont dénommé ce phénomène "
Maximum thermique du Paléocène et de l'Eocène " ( " Paleocene/Eocene
Thermal Maximum " ou PETM).
" Il y a 55 millions d'année lorsque la Terre connaissait une période
de réchauffement général, a dit M. Nunes, les courants océaniques
ont rapidement changé de direction, et ils ne sont revenus à leur
état antérieur que quelque 20.000 ans plus tard. "
Des fossiles montrent que le PETM a causé une multitude de perturbations
à travers le monde, dont la disparition de la vie marine au fond
des océans et la migration de mammifères terrestres rendue possible
par la fonte des glaces.
C'est la période pour laquelle les chercheurs trouvent les premiers
signes de l'apparition des chevaux et des primates en Amérique du
Nord et en Europe.
Les résultats des travaux de recherche indiquent que le phénomène
du renversement des eaux (le brassage des eaux froides et salées
du fonds des océans avec les eaux chaudes superficielles) a brusquement
cessé dans l'hémisphère Sud et semble avoir fait simultanément son
apparition dans l'hémisphère Nord.
Les chercheurs pensent que ce changement a poussé au fond des océans
des eaux particulièrement chaudes et causé ainsi des émissions de
gaz méthane, ce qui a provoqué un réchauffement encore plus prononcé
de la planète et l'extinction massive d'organismes marins au fond
des océans.
De nos jours, le renversement des eaux dans le nord de l'océan Atlantique
constitue le moyen principal d'apporter de la chaleur dans l'extrême
nord et de maintenir les températures en Europe à un niveau relativement
plus élevé qu'au Canada.
" Le renversement des eaux dépend beaucoup des températures de la
surface de l'océan et de la salinité des eaux superficielles, a
dit M. Norris. Ce que nous avons décrit est peut-être l'un des meilleurs
exemples du réchauffement de la planète déclenché par d'énormes
émissions de gaz à effet de serre. Cela nous donne une idée de ce
que risque d'être l'incidence à long terme du réchauffement causé
par l'homme. "
© Bureau des programmes d'information internationale
du département d'Etat (Etats-Unis)
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