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La firme américaine annonce la réussite de toute une série de tests d'un
nouveau moteur spatial de quelque 24 kg de poussée et fonctionnant
à base d'un mélange de méthane et d'oxygène liquide. Le développement
réussi de ce moteur ouvre des perspectives intéressantes pour XCOR,
d'autant plus que la nouvelle stratégie de la NASA vise à associer
plus étroitement les firmes privées dans la conquête de l'espace.
Si des applications concrètes ne sont pas prévus pour tout de suite,
il est certain que ce type de moteur présente un grand intérêt,
notamment pour les missions habitées vers Mars en préparation à
la NASA. Un des gap technologiques à franchir pour aller sur Mars
est la faculté des astronautes à fabriquer sur place les éléments
nécessaires au carburant pour le voyage retour. Or, le méthane est
présent dans l'atmosphère martienne.
L'utilisation de méthane présente plusieurs avantage. Déjà XCOR
pense à l'utilisation de moteur pour des systèmes de contrôle à
réaction (Reaction Control Systems - RCS) et systèmes de manœuvre
pour satellites. Mais ce n'est pas tout, le méthane est plus facilement
stockable en orbite, de sorte qu'il est facile de prévoir des stations
de ravitaillement en orbite. Son rendement est plus élevé que les
moteurs à kérosène.
Les essais de moteur ont eu lieu aux installations du XCOR's au
spaceport de Mojave et ont comporté 22 mises à feu du moteur pour
un fonctionnement cumulé de à 65 secondes. La plus longue mise à
feu du moteur a été de 7 secondes. Cette première série d'essais
a été conduite au moyen de propulseurs alimentés par carburant auto-pressurisé.
D'autres principes sont à l'étude, utilisant des pompes d'alimentation
et de pressurisation.
Enfin, soulignons que XCOR développe l'avion spatial suborbital
Xerus.
Ce programme est encore dans sa phase préliminaire de conception.
La configuration aérodynamique de l'engin n'est pas encore finalisée
et il est probable qu'elle changera. C'est pourquoi XCOR développe
également Sphinx, un démonstrateur technologique qui préfigure Xerus.
Toutefois, on sait que l'engin décollera comme un avion, à partir
d'une piste aéroportuaire.
a identifié trois marchés concurrentiels sur lesquels
il souhaite positionner son avion spatial. Il s'agit des marches
très prometteur du tourisme spatial, de l'expérimentation suborbitale
et celui plus convoité de l'orbite basse (LEO).
Le premier marché identifié est celui des expériences et r echerches
scientifiques en microgravité.
Aujourd'hui, l'accès à l'espace est très onéreux car il nécessite
l'utilisation de fusées dépensables, très coûteuses pour des firmes
privées ou des Instituts et chercheurs qui ne sont pas soutenus
par des structures étatiques ou internationales.
Xerus apparaît comme un concurrent redoutable des fusées-sondes,
majoritairement utilisées aujourd'hui pour l'expérimentation de
charges utiles qui ne demandent pas une longue exposition à la microgravité.
Complètement réutilisable, Xerus doit réduire sensiblement les coûts
de ces expériences en orbite et permettre à un plus grand nombre
d'industries et laboratoires de valider et d'exposer au vide spatial
leurs travaux.
Le second est celui très prometteur du lancement des microsatellites
sur orbite basse. Selon XCOR Aerospace, Xérus sera capable de mettre
à poste de petites charges utiles de 10 kg pour environ 500.000
dollars, au lieu des 12 millions de dollars.
Enfin, le troisième marché potentiel est celui du tourisme spatial
qui offre des perspectives commerciales intéressantes. XCOR Aerospace
envisage de courts vol suborbitaux d'une centaine de kilomètres
d'altitude pendant 30 minutes (décollage et atterrissage compris)
pour un prix d'environ 98.000 dollars.
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